J'ai beaucoup d'affection pour les vieux appareils photos que l'on a encore dans la famille. Les plus compliqués vieillissent mal (ceux à soufflet en particulier), mais les plus simples sont encore vaillants.
J'ai ressorti l'Agfa Box 1 de mon grand-père. Cet appareil a été acheté entre 1930 et 1933. Il a pris ses dernières photos vers 1950. C'est sans doute ce qui existe de plus simple. Format 6x9 pour pellicule 120, obturateur à levier donnant environ 1/100 de seconde, deux viseurs microscopiques, un levier pour la pose T, un bouton d'avance du film, et c'est tout.
Je lui ai mis une pellicule que j'ai faite développer et scanner. Je craignais beaucoup les fuites de lumière vu son âge, mais non. La principale difficulté que j'ai rencontrée concerne le bouger. Même l'appareil bien plaqué sur le ventre, souffle coupé, il est très difficile de basculer le levier sans produire de mouvement parasite. Il n'y a pas de filetage pour un pied. Il faut autant que possible trouver un endroit où appuyer fermement l'appareil. C'est ce que j'ai fait sur la photo ci-dessous prise à Morestel.
Sinon, franchement, pour un appareil aussi rustique et dont la lentille est manifestement sale à l'intérieur (mais je ne me sens pas de démonter quoi que ce soit), je suis surpris de ce que l'on peut encore faire. Le rendu est tout à fait celui des photos anciennes, bien meilleur qu'en faisant du faux vieux avec un logiciel.
Mon grand-père développait lui-même ses négatifs dans une bassine, puis tirait ses photos par contact directement à la lumière naturelle. Il faisait glacer les épreuves en les collant humides sur les vitres de la cuisine, jusqu'à ce qu'elles se détachent d'elles-même. Dommage que je me sois débarrassé il y a longtemps de tout mon matériel de développement et tirage, mais nous n'avions plus la place !